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Manger, digerer... et le reste

Ici, nous allons suivre le destin d'une bouchée de pain tartiné de fromage, histoire de comprendre comment fonctionne notre tube digestif.

1 dans la bouche
La bouchée est d'abord mâchouillée, mastiquée, enduite de salive avant d'être déglutie.
les dents assurent le broyage du morceau, son écrasement et son découpage s'il est trop gros.  Ainsi ce sera plus simple à avaler.
La salive humidifie l'aliment pour le ramollir et le rendre plus glissant. des enzymes qu'elle contient commencent à découper les grosses molécules d'amidon du pain (à condition de mêcher assez longuement), d'autres élimine quelques bactéries douteuses.
Pour déglutir, la langue pousse la bouchée au fond, la luette se soulève(pour l'empêcher de remonter vers le nez) tandis que l'épiglotte s'abaisse (pour éviter d'avaler de travers, c'est à dire d'envoyer le morceau dans le mauvais tuyau : la trachée).  Tout lubrifié de salive, le fragment glisse dans l'oesophage qui, en se contractant va se charger de le descendre jusqu'à l'estomac.

2 l'estomac
C'est une  poche musculeuse d'un demi litre lorsqu'elle est vide, mais qui peut dépasser les trois litres bien remplie.  Sa paroi  musclée lui permet de se contracter fortement par ondes successives de haut en bas. Cela permet de broyer et malaxer les aliments. Comme ceux-ci trempent dans un liquide très acide (riche en HCl, acide chloridrique) ils sont en partie décomposées et le mélange se liquéfie, comme une soupe passée au mixer.
La paroi stomacale se protège de l'attaque acide par une sorte d'enduit qu'elle produit. Desaliments trop acides, les excès d'alcool, de médicaments peuvent attaquer cette barrière.
Après 1 à 3 h passés là, les aliments devenus  soupe, sont expulsés dans le duodénum.

3 le duodénum
Ce sont  les  cinquante premiers centimètres d'intestin. Là, la soupe digestive est en premier lieu neutralisée de son acide, grĉe en particulier à la bile, déversée par la vésicule biliaire (liée au foie). Cette bile est faite en grande partie par des déchets sanguins, qui, avant d'être définitivement rejetés ont été recyclés pour servir une dernière fois à neutraliser l'acide, mais aussi à prédécouper les graisses pour les rendre digestibles.
 La digestion proprement dite a lieu dans l'intestin grêle.

4 l'intestin grêle
Long (4 m) et fin (2-3 cm)  il forme un tube soigneusement plié dans l'abdomen. le liquide alimentaire y progresse par contraction successive de l'intestin.
sa paroi interne est ondulée de vagues, son aspect, vu de près est comme un tapis de velour. Elle est en effet couverte de millions de petits replis en forme de doigts, les villosités. Chacun de  ces doigts contient des vaisseaux sanguin et lymphatique chargés de récupérer les nutriments. sa surface est faites de milliers de cellules exposant elles-même des villosités microscopiques.
Cette succesion de plis et replis assure une très grande surface : 250 m2, soit un terrain de tennis!

Dans ce tube, des enzymes digestives venant du pancréas, ou de l'intestin même, vont attaquer les aliments -déjà bien entamés par l'estomac, d'ailleurs.  Les grosses molécules d'amidon des féculents sont découpés en glucoses qui sont aussitôt absorbés. Les protéines sont tranchées en acides aminées qui sont, devinez quoi?... absorbés! Les graisses deviennent acides gras...  les minéraux, les vitamines et toutes les petites molécules passent aussi à l'intérieur des villosités  pour être transportés par le sang jusqu'au foie qui est charger de faire du tri.

Ce sera donc un liquide appauvri en éléments nutritif qui arrivera au bout de cet intestin pour pénétrer dans le côlon.


5 le côlon
On l'appelle aussi "gros intestin", car il mesure 1,5 m pour une dizaine de centimètre de large.

Ce côlon a une structure interne plus simple car il n'est pas chargé de digérer les restes. Par contre il abrite des milliards de milliards de bactéries qui se feront un plaisir de le faire.
Et elles  ne se gênent pas : elles achèvent de décomposer les aliments encore décomposables. Seules les fibres de cellululose et de lignine (les fameuses "fibres" apportées par les végétaux) résisteront.
comme elles pratiquent une digestion externe (à l'extérieur de leur  corps formé d'une seule cellule), notre côlon peut récupérer un peu de cette manne. Il en profite aussi pour absorber le plus d'eau qu'il peut ainsi que des vitamines produites par ces chères bactéries.
Elles sont gentilles ces petites, mais un peu négligées, elles ne peuvent s'empĉher de lâcher des gaz souent malodorants. Ce sont eux qui sont à l'origine de ces sensations de ballonements qui se déplacent et finissent par s'estirper bruyamment par l'anus, ultime  bout du tube digestif.

Voilà, du bout de pain, il ne reste que quelques fibres, diverses molécules oubliées, des bactéries rassasiées, un peu de gaz, le tout rassemblé en une boulette marron et molle...
















Une petite vidéo pour revoir tout ça :




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